Oct 032018
 

“Tu ne peux Me voir avec les yeux qui sont tiens; Je te confère donc les yeux divins par quoi tu pourras contempler Mes inconcevables pouvoirs.” (Bhagavad-gita, XI.8)

Comment obtenir des yeux qui permettent de voir Dieu? Comment être conscient de Krishna, à chaque instant de l’existence? Krishna Lui-même nous indique le chemin.

“De l’eau Je suis la saveur, ô fils de Kunti, du soleil et de la lune la lumière, des mantras védiques la syllabe om. Je suis le son dans l’éther et dans l’homme l’aptitude.” (B.g., VII.8)

Ce verset contient le savoir qui permet de devenir pleinement conscient de Lui, et de le demeurer en toutes les phases de son existence. L’eau, par exemple, est indispensable à tout être vivant. Et pour qui a soif sa saveur est telle que rien ne l’égale, et que nul ne saurait en produire artificiellement la pureté. Ainsi la saveur de l’eau nous rappellera Krishna. Et comme on ne peut éviter d’en boire chaque jour, on ne pourra oublier Dieu. Telle est la conscience divine.

Des neuf différentes voies qui permettent d’entrer en contact avec Dieu, la première prend nom de sravana -l’écoute. Par la lecture de la Bhagavad-gita, nous entendons les paroles qu’a prononcées Krishna, et c’est ainsi entrer en contact avec Dieu, car Krishna est bien Dieu, la Personne Suprême. Plus nous affirmerons notre contact avec Dieu par l’écoute des paroles de Krishna et de Ses Noms, moins la souillure inhérente à la nature matérielle aura sur nous d’emprise. Nous comprendrons que les vibrations sonores, la lumière, l’eau et tout ce qui nous entoure, sont Krishna. Comment faire alors pour ne pas Le voir? Et s’il nous est possible de garder ainsi le souvenir de Krishna, notre union avec Lui se fera perpétuelle.

Entrer au contact de Krishna, c’est comme entrer au contact du soleil: là où il brille, nulle souillure n’est possible. Son rayonnement protège de toute maladie celui qui s’y expose. La médecine occidentale recommande la lumière du soleil comme remède à toutes sortes de maux, et les Vedas enjoignent aux malades de rendre un culte au deva du soleil.

De même, quand nous entrons au contact de Krishna, nos maux sont aussitôt guéris. Chanter Hare Krishna nous fait communiquer avec Lui. Nous pouvons ainsi Le voir dans le soleil et la lune, L’entendre dans le son et Le goûter dans l’eau.

Rien n’est plus vain que d’élaborer des hypothèses sur la nature de Dieu, c’est pourquoi le Srimad Bhagavatam conseille d’abandonner toute forme de spéculation. Il conseille plutôt de devenir humble et soumis, en réalisant que nous sommes infimes, mais aussi que la terre sur laquelle nous vivons n’est qu’un point minuscule dans le vaste univers. Une ville comme Paris peut sembler une capitale immense, mais il suffit de savoir que la terre ne constitue qu’un point infime dans l’univers; que sur cette terre la France et Paris sont bien minimes, un point infime sur lequel vivent des millions d’êtres. Voyant ainsi sa petitesse face à la grandeur de l’univers et à celle de Dieu, comment les humains peuvent ils se gonfler d’un vain orgueil? Méfions-nous de la “philosophie de la grenouille”. Elle vivait au fond d’un puits. Un jour, elle entendit parler de l’océan, et demanda: “Mais qu’est ce donc que l’océan?

– Une immense étendue d’eau, lui fut-il répondu – Vraiment? Aurait-elle deux fois la taille de ce puits? – Que non! Il est beaucoup plus grand. – Quelle est donc sa dimension? Est-il dix fois plus grand?” Ainsi poursuivit la grenouille, sans jamais parvenir à connaître la profondeur et l’étendue de l’océan. Et il en va de même de nos facultés, de notre expérience et de notre agilité mentale; elles trouvent un jour ou l’autre leurs limites, et dans ces limites, ne peuvent donner naissance qu’à des théories de “grenouille”.

Mais que faire, quand on a délaissé la voie spéculative? Le Srimad Bhagavatam demande que l’on devienne humble et qu’on s’ouvre à l’écoute du message divin, qui peut également être reçu de la Bhagavad-gita et des autres Ecritures védiques. Une seule règle impérative: il faut recevoir ce message d’une âme réalisée, d’un pur dévot du Seigneur. Sri Krishna, dans le septième chapitre de la Bhagavad-gita, indique d’autres façons de le percevoir à chaque instant: “De la terre Je suis le parfum originel, et du feu la chaleur, Je suis la vie en tout ce qui vit, et l’ascète de l’ascète.” (B.g., VII.9)

Krishna peut seul créer les saveurs et les arômes. L’homme à son tour, pourra tenter de les reproduire artificiellement, mais leur qualité sera de beaucoup inférieure à celle des essences naturelles. Ainsi, toutes les fois que nous respirons un parfum naturel ou contemplons quelque beauté de la nature: “Voilà Dieu, voilà Krishna!” Et devant toute chose extraordinaire, merveilleuse, ou devant toute manifestation de puissance, “Voilà Krishna”. De même, il nous faut voir toute âme, qu’elle habite l’arbre, la plante, l’animal ou l’humain, comme une partie intégrante de Krishna, qui anime ces diverses formes matérielles.

“Sache-le ô fils de Pritha, Je suis de tous les êtres la semence première. De l’intelligent Je suis l’intelligence, et du puissant la prouesse.” (B.g. VII.10)

On retrouve ici cette évidence, que Krishna est la vie de tout ce qui vit. Voilà comment on peut voir Dieu à chaque instant. “Pouvez-vous me montrer Dieu? demande-t-on. Certes, Il se rend visible de tant de façons! Mais que dire à celui qui refuse d’ouvrir les yeux?

Le procédé le plus simple qui nous permettre de voir Dieu consiste toujours de chanter Hare Krishna. Au coeur d’une usine ou de quelque autre enfer, dans une hutte ou dans un palace, peu importe il suffit de chanter:

Hare Krishna Hare Krishna
Krishna Krishna Hare Hare
Hare Rama Hare Rama
Rama Rama Hare Hare

Ce chant ne coûte rien, aucun obstacle ne s’y oppose, et il s’offre à tous, sans distinction de caste, de nationalité ou de race. Chantez et écoutez seulement. Il vous sera alors donné, par la miséricorde de Krishna, d’obtenir les yeux pour Le voir partout et toujours.

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